Êtes-vous un p’tit vite au lit?
Article de Sophie Brousseau, publié dans le magazine Summum, 2009
Saviez-vous qu’environ 29% des hommes considèrent qu’ils sont éjaculateurs précoces? D’ailleurs, c’est un motif de consultation en sexologie fort répandu. Êtes-vous parmi ceux qui ont de la difficulté à contrôler le moment de l’éjaculation? Éprouvez-vous de la colère, de la frustration ou de la déception? Recherchez-vous des solutions pour prolonger la pénétration et ainsi, combler davantage votre blonde? Obtenez-vous votre orgasme en moins de 2 minutes après la pénétration, sans ressentir réellement de plaisir sexuel? Si vous répondez oui à ces questions, c’est possible que vous ayez une difficulté sexuelle d’éjaculation précoce.
De temps en temps, nous apprécions tous les p’tites vites avant le boulot mais lorsqu’elles deviennent répétitives, il se peut que ça deviennent tannant pour vous, mais aussi pour votre blonde. Certaines filles, plutôt clitoridiennes, ne passeront jamais de commentaires à ce sujet si elles obtiennent leurs orgasmes par cunnilingus ou stimulation du clitoris avec les doigts. Par contre, si elles sont plutôt de type clitoridiennes et vaginales, et qu’elles ont une envie folle de vous sentir les pénétrer, il est probable qu’elles soient insatisfaites sexuellement. Au début, elles ne vous diront peut-être rien mais avec le temps, elles développeront une jalousie de vous regarder éjaculer sans pouvoir, elles, accéder à une jouissance sexuelle. Il est fréquent de voir des couples qui décident de consulter pour un problème d’éjaculation (homme) et une panne de désir ou d’orgasme (femme).
Généralement, les hommes vont tout essayer avant de prendre rendez-vous avec un sexologue. Pour éviter de consulter, ils sont prêt à mettre en pratique plusieurs procédés qui s’avère souvent, sans succès ; penser à quelque chose de non-sexuel au moment de la pénétration, appliquer des méthodes de respiration ou acheter des gels spéciaux vendus dans les boutiques érotiques pour retarder l’éjaculation. J’émets d’ailleurs un petit bémol sur la dernière technique. Ces produits ont un inconvénient ; le pénis devient tellement gelé qu’il n’y a plus de sensation, même pour la fille.
Pourquoi moi ?
Généralement, les hommes me disent se masturber et réussir à garder leur érection pendant plusieurs minutes avant l’orgasme, lorsqu’ils sont seuls. Normal, ils se concentrent réellement sur leur plaisir. Ils n’ont aucune pression sur les épaules. Est-ce que c’est le cas pour vous ?
Lorsque nous vivons une problématique sexuelle, l’unique question qui nous trotte dans la tête, c’est pourquoi suis-je différent des autres ? Plusieurs éléments similaires reviennent souvent chez les hommes éjaculateurs précoces :
□ Expériences de masturbation à l’adolescence où les épisodes d’auto-stimulation ont pour seul but d’atteindre l’orgasme rapidement, sans savourer le plaisir.
□ À l’adolescence, des relations sexuelles en cachette et à la va-vite, comme par exemple, dans la voiture. À l’âge adulte, le même pattern appris se répète.
□ Une excitation élevée à la moindre stimulation.
□ La fameuse notion de performance. Par exemple, vous voulez tellement faire durer le moment de la pénétration que le simple fait de vous mettre cette pression sur les épaules, engendre une éjaculation trop rapide. En n’étant pas attentif à votre plaisir mais plutôt sur votre désir à retarder l’orgasme, vous ne vous concentrez pas sur le point de non-retour qui survient avant l’éjaculation.
□ Des conflits et une mauvaise communication au sein du couple.
□ Une difficulté à reconnaître le moment où vous atteignez l’orgasme.
Des conseils simples à intégrer dans votre vie sexuelle
Idéalement, il s’avère nécessaire de consulter en sexologie pour régler le problème. Vous aurez beau mettre en pratique toutes sortes de techniques, si la source se situe au niveau psychologique, vous ne réussirez pratiquement jamais à retarder l’éjaculation. Si, pour le moment, vous n’êtes pas prêt à débuter un processus thérapeutique et que vous souhaitez mettre en pratique certains exercices, je vous en suggère deux:
□ Le départ-arrêt : L’objectif est de reconnaître les stimuli et d’augmenter la durée du mécanisme de réflexe de l’éjaculation. Je vous conseille de le faire en couple. Votre partenaire stimule votre pénis jusqu’à ce que vous ressentiez un haut niveau d’excitation. À ce moment, elle cesse les mouvements répétitifs. Par la suite, le processus recommence jusqu’au moment où vous réussissez à reconnaître les moments propices à l’éjaculation. Pour faciliter la masturbation et le mouvement de la main, je vous suggère d’utiliser un lubrifiant à base d’eau.
□ Le squeeze : Rassurez-vous messieurs, ce n’est pas une technique dangereuse pour votre pénis. Comme l’autre technique, elle se pratique seul ou en couple. Au moment où vous parvenez à l’érection, votre partenaire place son pouce sur le frein (pour ceux qui ne savent pas où ça se situe, c’est le tissu situé sur le gland et rattaché au prépuce) et son index et majeur de chaque côté du gland. Cette pression de 3-4 secondes fera perdre l’érection. Après 15-20 secondes, elle répète la même manœuvre. Continuez à plusieurs reprises de manière à reconnaître les niveaux d’excitation.
Si vous réussissez à reconnaître le point de non-retour par des exercices de masturbation, il vous sera plus facile d’être à l’écoute des signaux au moment de la pénétration avec votre blonde. Détendez-vous et restez attentif à votre manière de bouger et au rythme de votre pénis. N’hésitez pas à cesser les mouvements de va-et-vient ou sortir du vagin dès que vous sentez l’orgasme monter. Au début, ça ne fonctionnera peut-être pas aussi bien que vous le souhaitez mais à force de le faire, vous apprendrez à avoir plus de contrôle sur votre pénis.
Pour terminer, pourquoi ne pas partir un petit week-end d’amoureux, la tête libre de vos soucis ? Parfois, il faut quitter la maison pour pouvoir se laisser aller au lit. Faites le vide dans votre esprit et oubliez vos éjaculations précoces dès que vous mettrez les pieds dans la chambre à coucher. En même temps, cachez les cadrans, montres et horloges qui vous entourent. Pendant que vous regardez l’heure, vous ne vous concentrez pas sur le moment présent pendant la relation sexuelle. Et vous perdez tous les plaisirs qui y sont associés. Votre petite escapade amoureuse ne règlera peut-être pas le problème mais vous permettra de vous rapprocher de votre copine.
À votre retour, si vous en ressentez le besoin, une consultation avec un spécialiste vous aidera à mettre le doigt sur ce qui cloche !




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